Banshee

 

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La banshee (du gaélique irlandais Bean Sí ou écossais Bean Shìth, « femme de l’autre monde » ou « femme du tertre ») est une créature féminine du folklore irlandais et écossais.
Ses cris et sa présence sont annonciateurs de mort ou de malheurs à venir.

La banshee peut apparaître sous deux formes : celle d’une jolie jeune fille en pleurs, ou d’une vieille femme décharnée et échevelée.
En Irlande, elle est vêtue d’une robe verte ou grise et d’un long châle brun ; tandis qu’en Ecosse elle porte un suaire ou les couleurs du tartan de ceux qui vont mourir. Elle peut exceptionnellement se manifester avec l’apparence d’un animal (corbeau, belette, lièvre…).

Bien que de nos jours elle soit considérée comme une sorte de fée, traditionnellement la banshee était plutôt vue comme le fantôme d’une femme assassinée ou morte lors de l’enfantement.

Dans les traditions écossaises et irlandaises, le décès d’une personne était accompagné des lamentations d’une femme, une pleureuse, payée pour l’occasion.
Cependant, les familles nobles ou de pures origines avaient le privilège d’avoir leurs funérailles chantées par une fée. C’était par exemple le cas des cinq grandes familles Irlandaises O’Grady, O’Neill, O’Brien, O’Connor, O’Donnel et Kavanagh.

Ayant le don de clairvoyance, les banshee pouvaient chanter le décès d’une personne même lorsque celle-ci était loin de son foyer (car partie sur un champ de bataille éloigné, ou allée gagner sa vie dans une autre contrée). Les cris de la banshee permettait ainsi à la famille restée sur place de savoir qu’il était arrivé un malheur à leur proche.

Avec le temps, le don de clairvoyance de la banshee est progressivement devenu un talent prophétique : la banshee pouvait annoncer à l’avance un malheur comme la mort prochaine d’un membre du clan, une défaite à une bataille ou l’arrivée d’une épidémie.
Quand la catastrophe à venir était de grande ampleur ou que la personne qui allait mourir était quelqu’un de particulièrement important, plusieurs banshees pouvaient se réunir pour crier ensemble.

Le cri de la banshee (nommé keening en anglais, caoinne en gaélique), bien que possédant des variantes suivant les régions d’Irlande et les légendes, est décrit comme le plus effrayant et le plus triste que l’on puisse imaginer ; il est si intense qu’il réveille même les personnes endormies, et il est toujours audible même entendu au milieu d’une tempête.

La banshee restait fidèle à la famille à laquelle elle était rattaché, et certaines auraient même traversé l’Atlantique avec les colons irlandais lors de la Grande Famine du XIXème siècle.

La banshee existe également, mais dans un moindre mesure, en Angleterre et au pays de Galles (où elle se nomme Cyhyraeth ou Gwrach-y-Rhibyn,« la sorcière de la brume »).
En France, certaines Dame blanche ou fantômes féminins jouent parfois un rôle similaire.
Il est intéressant de noter que l’île de Man possède une forme particulière de banshee, moins macabre, nommée Leanan Sidh (« la maîtresse de l’autre monde »). Selon la tradition, celle-ci prédisait les morts mais également les naissances, et telle une muse elle apportait l’inspiration aux musiciens et aux poètes.

Messagère de mort

Une caractéristique majeure du folklore de la banshee est son lien avec l’annonce ou le présage de mort. Dans les traditions et récits médiévaux, la manifestation de la banshee était liée aux aspects guerriers, avec l’annonce des morts durant les batailles sanglantes et la symbolique du passage vers l’Autre Monde (chrétien ou paganiste). À l’époque moderne, dans le contexte d’une société paisible, la

Laveuse des morts

D’après la tradition orale du xxe siècle, dans le Comté de Galway (ouest de l’Irlande) et ses régions limitrophes, la banshee nettoie parfois un linge dans un cours d’eau ; à l’identique d’autres légendes de lavandière de nuit, comme le présage de mort de la bean nighe du folklore gaélique d’Écosse ou la kannerezed noz de Bretagne.

Selon Lysaght, ce folklore moderne est directement relié aux histoires médiévales irlandaises qui mentionnent que la déesse celte Badb annonçait les morts à la bataille en nettoyant les vêtements ensanglantés des personnes destinées à mourir.

Pleureuse

Selon la tradition, la banshee annonce parfois la mort par des pleurs, des gémissements ou des lamentations ; ou plus exactement des « mélopées funèbres ». Par ce comportement, elle est ainsi dénommée en irlandais bean chaointe, écossais caointeach, anglais keening woman (« femme pleureuse »).

Ces « mélopées funèbres » (keening en anglais) font directement référence à l’ancienne pratique gaélique des pleureuses ; des femmes qui improvisaient des lamentations vocales durant les processions funèbres et les enterrements, afin de rendre hommage au mort et à sa famille. Cette pratique funèbre, présente dans plusieurs régions du monde, est attestée en Irlande et en Écosse durant le Moyen Âge. Elle a progressivement disparu, à la suite de l’interdiction de cette pratique par l’Église catholique en Irlande. Ces pleureuse (parfois rémunérées) imitaient généralement les aspects de la banshee légendaire, en portant par exemple leurs cheveux dénoués, une longue robe, les pieds nus…

Crieuse

Dans le folklore plus tardif, notamment la tradition orale du xxe siècle, la banshee annonce la mort par un cri ou hurlement terrifiant. Cette tradition moderne semble particulièrement présente dans les régions influencées par des cultures non gaéliques, telles que l’Est de l’Irlande, le sud de l’Écosse, le pays de Galles.

Le cri de la banshee se distingue clairement d’un cri humain ou animal, et il se fait toujours entendre durant la nuit. Il est entendu le soir par les personnes encore éveillées, ou bien il réveille les personnes durant leur sommeil. Ce cri annonce la mort d’une personne dans la maison ou la famille, ou bien c’est le présage de la mort imminente d’une personne.

Cette banshee crieuse, souvent assimilée à un esprit ou fantôme, est similaire à d’autres figures de revenants du folklore médiéval d’Europe, qui par leurs cris annoncent un décès.

Apparence

D’après les récits et témoignages collectés, il apparait plusieurs caractéristiques fréquentes sur l’apparence de la banshee. La banshee est toujours un être solitaire.

Elle est très souvent décrite portant de longs cheveux, qui sont dénoués et visibles, à l’inverse de l’ancienne tradition irlandaises des femmes cachant leurs cheveux dans un foulard. Quelques légendes mentionnent la banshee se coiffant ou son peigne volé par un humain.

La banshee porte généralement une longue robe, à la mode ancienne. Parfois la banshee est pieds nus. Les descriptions reprennent parfois certaines caractéristiques légendaires des fantômes, telle que l’extrême pâleur ou la blancheur de sa peau ou les traits morbides de son visage.

Légendes et créatures apparentées

D’autres créatures légendaires sont apparentées à la banshee :

Les sluagh, sont les esprits des morts sans repos, dans le folklore irlandais et le folklore écossais. Interdits dans l’Autre Monde (Paradis, Enfer, Sidh), ils apparaissent aux humains et sont souvent décrits comme des créatures perturbatrices ou destructrices.

Le folklore de la Dame blanche se confond parfois avec celui de la banshee, en un personnage trouble ayant les mêmes caractéristiques. La Dame blanche, mythe plus moderne semble clairement dérivé de celui de la banshee. On peut supposer que, fort de son succès, la légende de la Dame blanche a ultérieurement influencé le folklore d’Angleterre, Irlande et Pays de Galles, puisqu’on y trouve mention de Dame blanche en même temps que des banshees. En France, certaines Dames blanches sont parfois comparées aux banshees : à l’exemple de la Dame du palais des Bourbons, qui se manifestait la veille de la mort d’un des membres de cette famille.

D’autres créatures comme Mélusine, Aine, Aeibhinn, Aoibheall, sainte Brigitte ont des caractéristiques parfois comparées à celles de la banshee.

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